Mémoire de fin d’étude

Le Master AIGEME était l’occasion de rédiger un nouveau mémoire de fin d’études, après celui que j’avais déjà fait lors de mes études précédentes. Le contexte particulier du Master dans ma situation de travail à distance, a demandé de prendre plus d’initiative qu’en Master en management, de travailler en autonomie. J’avais avec un compère de promotion, Esteban Grine, fait une visioconférence par hangout sur la rédaction d’un mémoire. Cependant, la méthodologie était assez différente. C’était donc une nouvelle expérience pour moi.

Pour nous aider dans la conception de ce travail, nous avions, moi et mes camarades de promotion, une feuille de route à respecter. Un mémoire suppose en premier lieu un travail de réflexion, un comportement d’analyse d’un objet dans le cadre d’une problématique.

Nous avions également un accompagnement de la part d’un ou plusieurs tuteurs de mémoire. Dans ma situation, il m’a été proposé deux tuteurs, Monsieur Hubert Javaux et Monsieur Christian Fondrat. La communication avec ces derniers s’est faite par échanges de messages électroniques et d’aller et retour de travaux et corrections.

Le travail a d’abord consisté à trouver un objet et une question de recherche. Dans mon cas, je souhaitais depuis plusieurs mois traiter de l’accessibilité numérique dans le domaine de la formation. En effet, l’accessibilité numérique permet, entre autre, d’offrir plus d’autonomie aux personnes en situation de handicap visuel. La formation permet le développement personnel de chacun, d’évoluer dans ses habitudes, ses comportements. Les personnes isolées par un handicap ou d’autres situations ne doivent pas être écartées de cet objectif. L’accessibilité numérique se développant, il est intéressant de s’interroger sur son utilisation dans le domaine de la formation, pour potentiellement proposer une accessibilité des contenus. Il me semblait nécessaire de s’interroger sur les possibilités qu’offrent les nouvelles technologies et ses outils pour rendre accessibles des contenus de formation.

Ce travail m’a permis également de m’interroger sur mon travail au quotidien de concepteur de modules e-learning pour ITMP. Les kinésithérapeutes travaillent sur de nombreux aspects manuels, de touchés. Il n’est donc pas rare de trouver parmi elles des personnes en situation de handicap visuel. C’était notamment le cas d’une kinésithérapeute qui m’avait suivi dans mon enfance. ITMP travaille sur le renforcement des compétences des kinés sur des aspects liés à la thérapie manuelle, et l’ergonomie et d’autres traitements. Le travail de mémoire était également un moyen de me demander si techniquement il était possible de concevoir des modules de formation à partir de l’outil de conception ECMG, accessibles à tous. On notamment penser à des activités accessibles par des éléments sonores et des outils de lecture de document, appelés « screen reader. »

La question de recherche était donc simple : dans quelle mesure est-il possible de concevoir des formations en e-learning accessibles aux personnes en situation de handicap visuel et quels en sont les impacts sur la pédagogie à adopter ?

L’accessibilité numérique est un concept assez nouveau et ne fait pas encore l’objet d’une littérature fournie comme cela pourrait l’être pour le recrutement, objet de mon précédent mémoire. L’état de l’art du sujet s’est donc orienté sur des données réglementaires et sur les premiers éléments déjà existants dans la société. Il n’en demeure pas moins que l’on peut déjà réfléchir sur les différentes initiatives de la part de l’Etat, mais aussi d’acteurs concernés par la gestion du handicap, notamment visuel. Un mémoire ne peut être envisagé très rarement, en dehors de traitement de ressources secondaires, sans une recherche primaire. Le travail pour ITMP, le travail à distance et le sujet aux contours très restreints, m’ont incité à m’appuyer sur des témoignages qualitatifs, et non sur une recherche quantitative, comme c’est le plus souvent le cas. Dans ce contexte, mes tuteurs de mémoire et le responsable du Master, Monsieur Maxime Lejeune, m’ont permis d’interroger des acteurs pertinent pour mon mémoire. Je me suis ainsi rapprocher de Dominique Burger, président de l’association Braillenet, de Pierre Perez, directeur de l’Agence du numérique, organe rattaché au secrétariat d’Etat chargé du numérique, sous la direction du ministère de l’économie, et de Monsieur Ivan Botte, responsable de la Mission Handicap au sein de l’Université Sorbonne Nouvelle Paris III. Leurs témoignages que j’ai pu utiliser, m’ont également permis de fournir de nouvelles recherches ciblées sur certains aspects, en termes de réglementation, d’études, d’acteurs du handicap. Je me suis par exemple appuyée sur une conférence organisée par Braillenet, de données sur les initiatives de OpenClassroom, Thalès.

A partir des différentes ressources primaires et secondaires, j’ai ensuite redéfini ma question de départ et proposé un plan de rédaction à mes tuteurs de mémoire qu’ils ont validé. J’ai ainsi proposé une première partie faisant un état de l’art de l’accessibilité numériques, des référentiels existants (RGAA pour l’Etat, AccessiWeb pour l’association Braillenet…) et proposer une réflexion les opportunités mais aussi les freins au développement de l’accessibilité numérique. Dans une seconde partie, en me basant sur données précédemment rédigées, concentré sur la formation des personnes en situation de handicap visuel sous le spectre des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication. Cette deuxième partie m’a permis de mettre en relief les contraintes d’apprentissage de ce public, qu’elles soient techniques ou pédagogiques.  Ces données m’ont permis de mettre en relief ce qu’offre l’accessibilité numérique dans le domaine de la formation mais aussi ses limites.

Une partie dédiée à la discussion de la problématique a permis de réfléchir à l’adéquation entre les outils qu’offrent les nouvelles technologies et le monde du E-Learning et les spécificités des personnes en situation de handicap visuel. Il est avéré que les moyens de formation en E-Learning peuvent être rendus accessibles. Des acteurs se sont engagés dans cette voix, qu’ils soient du secteur public ou du secteur privé. Les dispositifs de formation en E-Learning demandent néanmoins de penser l’accessibilité numérique dès le début de la conception. Un dispositif de FOAD ne peut être conçu sans un accompagnement à distance. Il faut donc également réfléchir à la place du tutorat dans la formation en E-Learning accessible. Ce constat fait naître une interrogation sur le besoin en formation en E-Learning des personnes en situation de handicap visuel et sur le niveau d’appropriation des outils numériques. C’est sur l’éducation dans le secondaire et sur l’appropriation des outils numériques qu’il faut donc d’abord se concentrer. Les personnes en situation de handicap se dirigent souvent vers des domaines d’emploi très spécifiques. L’élévation en compétence de la population en situation de handicap visuel pourrait faire naître un plus grand besoin en formation professionnelle. J’ai cependant montré qu’il est difficilement envisageable de rendre accessible toute formation. C’est sur les formations techniques comme dans l’informatique ou les sciences qu’on peut supposer qu’elles peuvent le plus être accessibles. Les acteurs de la formation professionnelle dans ces domaines pourraient alors envisager de répondre à ces besoins.

Ce travail de mémoire est une étape supplémentaire dans un travail personnel de réflexion sur le développement de formation pour tous. En termes d’évolution et de compétences, la réalisation de ce mémoire me permet de mettre certains points en relief.

Un travail de mémoire se fait dans la durée. Il s’étale sur plusieurs mois. Il faut donc en principe fournir un travail régulier et rigoureux. Il faut se fixer des échéances et les respecter le mieux possible. Il faut également référencer l’ensemble des ressources consultées, en utilisant des citations avec les sources, auteurs et dates de parution.

Comme dans toute démarche réflexive, le mémoire est un moyen de mettre relief une méthode de penser, argumenter, organiser, présenter des idées. Il nécessite d’avoir un esprit d’enquête, d’investigation sur un objet donné, en utilisant en parallèle des connaissances, des compétences d’expériences passées propres au chercheur, établir des liens entre ces connaissances et la recherche. Ceci demande une réflexion sur la pertinence des informations que l’on a en sa possession.

Il permet également de proposer un travail d’écriture et donc de réfléchir sur la façon à présenter et coordonner ses idées, en explorant un objet tout en émettant des propositions. On doit formuler des idées tout en les justifiant.

Le vecteur temps a été très important et j’ai dû adapter ma démarche et ma rédaction en fonction des étapes de temps limitées. Il m’a donc parfois nécessaire de réaménager certaines étapes, de moins explorer certaines idées que je l’avais pensé au départ de mon travail. J’ai néanmoins pu construire un travail pertinent permettant de le soutenir lors d’une prochaine présentation en face d’un corps professoral de l’Université Sorbonne Nouvelle.

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